Les vestiges du futur

Passionné depuis toujours par les univers postapocalyptiques et dystopiques, j’ai trouvé dans la création de dioramas au 1/35 un moyen d’expression artistique. Ces mondes en miniature me permettent d’explorer des thèmes qui me fascinent : la résilience humaine face à l’adversité, la beauté dans la désolation, et la tension entre destruction et renaissance. Chaque scène raconte une histoire, capture un instant figé dans un futur imaginaire. La miniature offre un contrôle total sur l’atmosphère et les détails. C’est un exercice de patience et de précision qui transforme des matériaux bruts en récits visuels immersifs. À travers cette succincte présentation, je vous invite à découvrir mon univers créatif.

Chaque réalisation est une micro-communauté auto-suffisante [atelier, réserve, poste de rationnement, outil, réservoir d’eau…] où les graffitis et les objets du quotidien suggèrent des trajectoires humaines et une solidarité fragile.


Le silence du monde extérieur avait quelque chose d’irréel. Les rues vides, les vitrines figées, les horloges paresseuses — tout donnait l’impression d’un futur déjà là, arrivé trop tôt et sans prévenir. C’est dans cet espace suspendu que sont nés les premiers fragments. Au début, il n’y avait rien d’autre que des restes : cartons fatigués, morceaux de métal oubliés, objets sans fonction. Des rebuts d’un monde à l’arrêt. Mais peu à peu, ces matériaux ont commencé à raconter autre chose. Assemblés, détournés, transformés, ils sont devenus les vestiges d’un avenir possible. Depuis, chaque diorama s’impose comme une fenêtre sur une époque incertaine. Des structures branlantes évoquant des villes repliées sur elles-mêmes. Des mécanismes bricolés suggérant une technologie devenue précaire. Rien n’est vraiment détruit, mais tout semble en tension, prêt à basculer. Ces créations ne sont pas une prédiction, mais une interrogation matérialisée. Que restera-t-il de nos habitudes, de nos systèmes, de nos certitudes, lorsque les chaînes se rompront ? Et surtout, comment continuer à créer dans un monde où tout manque ? Peu à peu, cette contrainte m’a ouvert un champ immense d’inspiration. En l’absence de ressources, l’imagination s’est affranchie. Chaque objet récupéré porte déjà une histoire ; il suffit de la prolonger, de la détourner vers un futur plausible. Un futur qui n’est peut-être pas à venir, mais déjà en train de s’infiltrer dans le présent. Ainsi, ces miniatures ne sont pas seulement des décors. Elles sont des fragments d’anticipation façonnés à partir de ce qui reste où le monde a trouvé une autre manière de continuer à évoluer. 

« L’humanité s’était détruite lentement, puis brutalement. D’abord par excès — industries, gaspillage, guerres pour les ressources — puis par panique. Quand les réserves d’eau douce avaient chuté en dessous du seuil critique, les nations s’étaient déchirées. Les fleuves avaient été détournés, empoisonnés, militarisés. Puis plus rien n’avait fonctionné. Les infrastructures avaient cédé. Les villes s’étaient vidées. Ceux qui pouvaient fuyaient vers des zones supposées plus clémentes. Les autres… disparaissaient. » 

Techniques mixtes

Echelle 1/35

  • Peinture acrylique
  • Peinture émaillée
  • Peinture sèche
  • Lavis
  • Pigments
  • Peinture écaillée
  • Rouille
  • Weathering
  • Chute de bois/balsa
  • Chaînettes
  • Fil de fer/électrique
  • Eléments de récupération
  • Objets détournés
  • Rebuts domestiques
  • Emballages plastiques
  • Carton plume
  • Boîtes de conserve

Alain Auguy